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Lundi 8 août 2022


Premier voyage en solo depuis pfiouuuu… Des lustres.

Je ressens ce même vent de liberté qui m’a amené jusqu’aux côtes irlandaises voici 25 ans. Le sentiment que tout est possible. La perspective de rencontres, de découvertes de contrées inexplorées. En tout cas par moi. Parce que bon, Faro, c’est pas non plus le désert, j’imagine.


Partir seul, avec une petite valise, un sac à dos et surtout une guitare… quel sentiment de liberté. Pas d’horaire à respecter outre celui de l’embarquement. Et puis sur place, un lieu à découvrir. Un endroit paisible, j’imagine. Chez Jef et Lin. Un B&B à une demie-heure de Faro, capitale de l’Algarve. Un lieu où la permaculture côtoie le yoga. Un lieu qui promet un retour aux sources. Nature, spiritualité et végétarisme. Un lieu pour me ressourcer après 6 mois de dingue où ma vie à pris (enfin) un tournant positif, un virage dans la direction que j’ai toujours eu envie de lui donner.


Plutôt que les hôtels chics, les lieux touristiques ou les voyages organisés, j’ai choisi d’y déposer mes valises et ma guitare pour quelques semaines afin de donner un max de « good vines » en chantant, jouant de la musique et donnant des cours. Et puis les autres coups de main au quotidien dans la gestion de l’endroit sont aussi à l’ordre du jour. Contribuer à une communauté, voilà ce qui me fait vibrer aujourd’hui. Donner, c’est recevoir. Plus question de profiter de l’autre en mode « colon touristique ».


Première expérience, peut-être, mais pourtant aucune appréhension. Bon, c’est vrai, j’assure mes arrières: je pars via la plate-forme Worldpackers qui gère ce type de voyages. Si j’en crois les commentaires de l’endroit, je ne peux que passer un bon moment.


Alors là, je suis à l’aéroport de Charleroi. J’ai confié ma précieuse guitare au staff de Ryanair et je patiente en attendant l’ouverture des portes, tout en sirotant une petite bière au soleil de la terrasse d’un bar. Et alors que j’entends la musique titiller mes oreilles, j’espère pouvoir trouver sur place un endroit où je pourrais jouer de la musique ou mixer, soyons fous. J’ai emmené ma clé USB et mon casque en plus de ma guitare: the Sky is the limit.


Entouré de tous ces gens, je me demande vers quelle destination ils s’en vont. S’ils pensent y passer du bon temps. Ou peut-être retrouver des proches, qui sait. Le temps semble suspendu. Un homme tenant plus de Jabba the Hut regarde des vidéos en turc sur son smartphone en mettant le volume à fond. Cela me rappelle la soirée de mariage que j’ai animée samedi dernier. Et plus particulièrement ce morceau de Tarkan que j’aime passer et qui déchaîne les foules: Simarik.


Je savoure l’instant présent, la chaleur du soleil, je m’enivre à la faveur d’une Leffe. Le temps semble suspendu.


Assis dans la section fumeur, j’observe ces hommes, ces femmes qui goûtent la nicotine du bout de leurs lèvres. Addictif. Routine, répétition. Ce qu’on nous apprend dès le plus jeune âge. L’asservissement est encré profondément dans l’habitude. Tout nous le rappelle au quotidien: horaires, plannings, habitudes. Rompre avec la prédictibilité. N’est-ce pas là notre vraie nature ? Le chaos plutôt que l’ordre ? Du chaos naît l’espoir quand la prédictibilités engendre l’ennui.


Trève de philosophie. J’empoigne ma valise, j’enfile mon sac à dos (qui n’en demandait pas tant) et je me rends vers la porte du nouveau monde. En route pour la joie.

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